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Lutter contre les néophytes de manière systématique

Entretien avec Peter Bettschen, président de la corporation de digues de Reichenbach, et Daniel Feuz, inspecteur des routes de l’Oberland Ouest, au sujet de la lutte contre les néophytes. Ils sont unanimes: il faut combattre ces plantes invasives de manière systématique pour en venir à bout.

 

Monsieur Feuz, quelles néophytes posent problème dans l’Oberland occidental, et depuis quand?

Daniel Feuz: Je travaille à l’Office des ponts et chaussées depuis 2006. C’est à cette époque-là que nous avons été confrontés pour la première fois à cette thématique. Nous nous sommes d’abord concentrés sur le séneçon jacobée, toxique pour le bétail, qui n’est toutefois pas une néophyte, mais une plante problématique. Nous avons ensuite rapidement – et de plus en plus souvent – dû faire face à de véritables néophytes, comme la balsamine de l’Himalaya. Il y a environ douze ans, la renouée du Japon était déjà considérée comme un fléau, sa croissance étant extrêmement rapide. Le long des routes, la berce du Caucase est également devenue un problème. Au cours des trois dernières années, la vergerette annuelle (photo) a gagné du terrain et nous donne de plus en plus de fil à retordre.

Daniel Feuz et Peter Bettschen (à droite) en train d’éliminer la vergerette annuelle sur la rive de la Kander à Mülenen.

Agrandir l'image Daniel Feuz et Peter Bettschen (à droite) en train d’éliminer la vergerette annuelle sur la rive de la Kander à Mülenen.

Monsieur Bettschen, quels sont les cours d’eau de votre corporation de digues particulièrement touchés par les néophytes?

Peter Bettschen: La Kander, la Chiene, la Suld et le Reichenbach sont concernés, de même que le Louibach et le Schlumpbach, où le problème est particulièrement important. Cela fait plus de cinq ans que nous combattons de manière systématique les néophytes le long de ces cours d’eau. Nous arrachons le solidage, l’arbre aux papillons et la renouée du Japon et éliminons le matériel végétal dans une installation d’incinération. Ces plantes envahissent très rapidement les cours d’eau. Nous avons constaté la présence de néophytes à presque 2000 mètres d’altitude, ce qui n’était jamais arrivé jusqu’à présent.

 

En matière de lutte contre les néophytes, comment se présente la répartition des tâches au sein de la section Aménagement des eaux?

Daniel Feuz: Nous exerçons la haute surveillance en matière d’entretien des cours d’eau du canton. Nous assumons l’ensemble des tâches – dont la lutte contre les néophytes – en collaboration avec les corporations de digues. A cet effet, nous attendons de ces dernières qu’elles agissent conformément à nos directives et de manière méthodique. Nous demandons ainsi qu’elles nous fournissent systématiquement une description détaillée de la situation sur place avec une marche à suivre précisant la manière dont les foyers peuvent être détruits. Nous subventionnons uniquement les mesures que nous considérons comme efficaces.

 

Quelle charge de travail cela représente-t-il pour vous chaque année et quelle est la quantité de matériel végétal éliminée?

Peter Bettschen: Nous sommes une équipe de six personnes, dont un employé fixe. Nous travaillons avec des retraités (principalement des agriculteurs) qui nous aident dans notre travail. Cela fait cinq ans que j’assume à 30 % la présidence de la corporation. Nous consa-crons 800 heures par an et par personne à la lutte contre les néophytes et éliminons 1,3 tonne de matériel végétal.

Daniel Feuz: A l’inspection des routes de l’Oberland Ouest, c’est-à-dire dans les centres d’entretien de Mülenen et Zweisimmen, nous avons accumulé 800 heures de travail entre juillet 2019 et juin 2020 et éliminé 3 tonnes de matériel végétal le long de notre réseau routier, qui compte quelque 200 kilomètres.

Daniel Feuz et Peter Bettschen s’entretiennent au sujet de la vergerette annuelle.

Agrandir l'image Daniel Feuz et Peter Bettschen s’entretiennent au sujet de la vergerette annuelle.

Etes-vous satisfaits des résultats?

Peter Bettschen: Oui; cette année, il y a moins de néophytes le long de la Suld. Nous avons accompli ici un gros travail. La tâche devient de plus en plus facile d’année en année. Grâce à de nouvelles techniques et à notre persévérance, nous connaissons de mieux en mieux les sites et pouvons anticiper le travail.

Daniel Feuz: Nos équipes et les membres des corporations de digues utilisent aussi depuis peu une nouvelle application, intitulée Invasiv. De plus, dans chaque zone, ce sont toujours les mêmes personnes qui s’occupent des sites connus et qui en découvrent de nouveaux et les répertorient. Nous pouvons ainsi procéder à des comparaisons et tirer des bilans. Notre objectif est de réduire les peuplements de néophytes de 10 % par an.

 

Comment se passe la collaboration avec les autres organismes ou personnes chargés de l’entretien des espaces verts, comme les propriétaires privés, les forestiers, les agriculteurs, les communes ou les chemins de fer?

Daniel Feuz: Nous avons de très bons échanges avec la corporation de digues. Il ne sert à rien de lutter chacun de son côté contre les néophytes. Il faut que tous, y compris les privés, unissent leurs forces pour venir à bout de cette problématique.

Peter Bettschen: Oui, notre approche est très collaborative, sinon c’est difficile. Nous discutons de temps en temps avec d’autres propriétaires fonciers et les rendons attentifs aux foyers de néophytes. Nous ne disposons toutefois d’aucune base légale pour imposer l’éradication de ces plantes. Il reste des progrès à faire dans ce domaine.

 

Comment réagissent les personnes externes face à la lutte contre les néophytes?

Peter Bettschen: Il y a encore un manque de coopération à ce niveau. Pourtant, les néophytes sont des plantes très résistantes, qui nuisent avec le temps à la diversité des espèces indigènes. Pour les combattre, il est nécessaire que toutes les parties impliquées coordonnent leurs mesures.

Daniel Feuz: Il faut encore un peu de travail de persuasion. Nous invitons régulièrement les personnes qui ont affaire aux néophytes pour les informer de cette problématique. Nous leur expliquons l’importance de lutter systématiquement contre ces plantes et de les éliminer correctement. Lorsque les gens ont compris notre travail, ils collaborent volontiers.

Peter Bettschen: Malheureusement, des déchets verts sont régulièrement éliminés de manière sauvage dans la forêt ou les cours d’eau, et se répandent ainsi de nouveau dans la nature. Nous devons donc souvent ramasser les déchets verts qui n’ont pas été éliminés correctement. Je ne comprends pas pourquoi les gens agissent ainsi, d’autant plus que la collecte des déchets verts est gratuite.

 

Quelles sont vont conclusions? Existe-t-il de nouvelles méthodes pour venir à bout de néophytes comme la renouée du Japon?

Daniel Feuz: Oui, nous examinons en ce moment avec le surveillant cantonal de la protection de la nature une méthode pour étouffer la renouée du Japon avec une épaisse toile noire. Nous couvrons les surfaces avec cette toile pour que ni la pluie ni le soleil ne puissent pénétrer. Notre but est de stopper la croissance de la plante et de la détruire. Nous recherchons la toile idéale, qui doit être opaque et imputrescible. Nos tâches consistent donc en ce moment à arracher, creuser, déterrer – parfois même avec la pelle mécanique. Car nous n’avons pas le droit d’utiliser de désherbants!
La vapeur est également un sujet prometteur, que nous allons continuer à approfondir à l’avenir.

Peter Bettschen: Ces cinq dernières années, la lutte contre les néophytes s’est nettement améliorée, et notre manière de procéder est devenue beaucoup plus systématique. C’est un point crucial, car c’est le seul moyen d’éradiquer ce problème!


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