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Régulation du niveau des lacs
L’OED surveille et régule le niveau des principaux lacs bernois
Au sortir des lacs de Brienz, de Thoune et de Bienne, le niveau des eaux est régulé par des barrages de retenue (voir photos). Les lacs de Morat et de Neuchâtel sont indirectement régulés par le lac de Bienne.
Une régulation coordonnée et concertée
Le service de régulation de l’Office des eaux et des déchets a pour tâche de réguler le niveau des eaux des lacs de Brienz, de Thoune et de Bienne. Sa centrale se trouve à Berne. Le travail de régulation s’effectue d’après les règlements ad hoc, sur la base des informations fournies par les services de météorologie ainsi qu’en observant de façon permanente l’évolution des données hydrologiques.
La régulation du niveau des eaux intervient dans un contexte de synchronisation à grande échelle. Les stations de mesures limnimétriques et pluviométriques enregistrent les données de base et donnent l’alerte quand certaines limites sont dépassées. La centrale de régulation calcule les valeurs à atteindre et modifie en conséquence la position des vannes des barrages. Celui de Port se commande à distance, tandis que les ouvrages de Thoune et d’Interlaken ont été automatisés.
 Bassins versants des trois barrages de régulation du canton de Berne
Les opérations de régulation permettent d’agir sur le niveau les lacs et sur le débit de leurs exutoires. Lac de Constance et Walensee mis à part, tous les lacs suisses d’une certaine importance sont régulés. On s’efforce ainsi de maintenir le niveau des eaux dans une certaine fourchette – pas trop haut, mais aussi pas trop bas. Un niveau trop élevé se traduit par des inondations; et les basses eaux obligent par exemple à interrompre la navigation, déstabilisent les berges et peuvent endommager des réserves naturelles vulnérables.
À l’origine, la régulation des lacs avait pour but de réduire les variations du niveau de l’eau. Ces variations auraient, à l’état naturel, une beaucoup plus grande amplitude. Il s’agissait d’atténuer les niveaux maximums et de relever le niveau d’étiage. Cette intervention a pour effet de soustraire aux eaux une partie de leur dynamique. On parvient à réduire le niveau des hautes eaux en agrandissant le profil des exutoires; et l’on empêche la surface de l’eau de descendre trop bas au moyen d’un barrage de régulation.
Les règlements de régulation prescrivent les niveaux de hautes et de basses eaux suivants:
| Lac |
Limite des basses eaux [m s.m.] |
Limite des hautes eaux [m s.m.] |
| Lac de Brienz |
562.80 |
565.30 |
| Lac de Thoune |
557.00 |
558.30 |
| Lac de Bienne |
428.60 |
430.35 |
| Lac de Neuchâtel |
428.70 |
430.50 |
| Lac de Morat |
428.70 |
430.85 |
La régulation des lacs vise à maintenir leur niveau dans la fourchette indiquée ci-dessus. Mais ce niveau peut sortir relativement souvent des limites prévues en cas de situations météorologiques extrêmes (p. ex. sécheresse, fonte de neiges abondantes, pluies persistantes, etc.). C’est pourquoi il reste toujours important de veiller à une bonne protection contre les crues pour les immeubles et les équipements situés autour des lacs aussi bien que le long des cours d’eau.
Les services d’intervention reçoivent automatiquement un signal dès que les niveaux ou les débits atteignent une valeur critique
Services d’intervention et responsables locaux sont avertis automatiquement au moment où l’eau atteint un seuil critique prédéfini dans les trois grands lacs et aux quatre stations de mesures réparties le long de l’Aar. Ces prestations d'ordre technique sont offertes sous le patronage de l'Office de la sécurité civile, du sport et des affaires militaires (OSSM), en collaboration avec l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et la Police cantonale.
Il appartient aux autorités locales de décréter les éventuelles interventions rendues nécessaires par des crues.
| Station de mesures |
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Alarme |
| Lac de Brienz – Ringgenberg |
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565.00 m s.m. |
| Lac de Thoune – Spiez, usine BKW |
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558.20 m s.m. |
| Aar - Thoune |
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340 m3/s |
| Aar - Berne, Schönau |
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400 m3/s |
| Aar – Hagneck |
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900 m3/s |
| Lac de Bienne – Gléresse, Petit-Douanne |
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430.15 m s.m. |
| Aar – Brügg, Ägerten |
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600 m3/s |
Les particuliers peuvent s’informer par Internet sur l’évolution de la situation, ou bien recourir au service SMS de l’Office fédéral de l’environnement.
Les prévisions fiables de débits se limitent encore aux grands bassins hydrologiques
On ne dispose pas encore de prévisions opérationnelles et sûres pour les bassins de dimensions modestes comme ceux de l’Emme ou des tributaires des lacs de l’Oberland (Lütschine, Simme, Kander). C’est dû entre autres à une moindre fiabilité des prévisions relatives aux précipitations sur une surface restreinte, et au nombre de valeurs enregistrées d’autant plus faible que le territoire considéré est petit. Il n’existe actuellement de prévisions fiables de niveaux et de débits que pour les grands bassins versants, par exemple pour le Rhin à Rheinfelden.
Niveau des lacs: face aux besoins très divergents, des compromis sont nécessaires
La régulation des lacs répond à de nombreuses exigences, notamment prévention des inondations, protection de la nature et du paysage, tourisme, pêche, protection des eaux souterraines, production d’électricité. Il n’est pas rare que les intérêts des riverains d’un lac soient en conflit avec ceux de la population située en aval.
Voici une liste des principaux besoins:
| Protection |
Utilisation |
| Crues (habitations, voies de transport, riverains, agriculture) |
Navigation (publique, commerciale, privée) |
| Flore (bas-marais, roselières, plantes aquatiques, zones alluviales) |
Force hydraulique |
| Faune (poissons, oiseaux, petits animaux) |
Pêche |
| Rive (naturelle, artificielle) |
Détente (tourisme, loisirs, baignade) |
Il n’existe évidemment aucune solution qui puisse répondre entièrement à toutes les exigences, de sorte que l’on est constamment obligés de trouver des compromis. Les règlements de régulation sont le résultat de nombreuses négociations; ils indiquent comment gérer les barrages.
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